Nos yeux souvent vides devant l’oppression
Images muettes devant les corps qui souffrent
Pour quelques instants de vie sans dépression
Pour mon âme au diable sans détour je m’engouffre
Nos voix se détournent de l’outrage aux vivants
Mots haineux sous couvert de discours moralistes
Pour ma ration d’influenceurs je me vends
Pour mon âme au diable sans détour je persiste
Nos oreilles casquées, pour jouer les soldats
Dans l’ombre j’avance sans peur et sans reproche
Pour m’afficher en réseaux je suis candidat
Pour mon âme au diable sans détour… Je décroche
Nos destins sous tutelle, artificiels bonheurs
En quête du like pour moi pas de relâche
Pour m’éviter les calmants avançons sans heurt
Pour mon âme au diable sans détour… Je me cache
Assez réaliste, hélas…
Mais oser le dire, est déjà petite victoire, grand défi, même si humble…
Oui, c’est important de rester lucide…
Merci pour la lecture
Bonjour. J’ai aimé que votre poème ne se contente pas de dénoncer l’époque, mais finisse par nous ramener à celui qui la regarde et la dénonce. Cette part plus intime m’a particulièrement touché. Merci pour ce partage et bonne journée.
Le jeu est parfois un peu narcissique… Mais il faut l’assumer, si on souhaite partager…
Merci pour la lecture
J’aime le texte, mais il me fait peur…
Pourquoi ce titre ?
Peut être la réminiscence d’une autre vie ? Ou bien les présages d’une vie future ?
Où se situe le présent dans cet intervalle ?
Dans quel monde trouver la valeur des choses ? Des belles choses, des purs sentiments ? De l’amour entre les lignes…
Du courage d’avancer envers et contre toute apparence du bien fondé, au delà d’une morale polluée de faux semblants…
Quel prix devons nous payer pour un peu de quiétude ?
Merci de cette lecture — « il me fait peur » est sans doute ce que
je pouvais espérer de mieux.
Le titre vient du refrain : tout le poème est fait de ce devant quoi
on se détourne, et le seul chemin qu’on y prenne « sans détour » est
celui qui mène au diable. C’est la seule clé que je donnerai.
Vos autres questions, je ne sais pas y répondre — elles vous
appartiennent, et c’est très bien ainsi. Je noterai seulement que la
dernière trouve sa réponse dans le texte, et qu’elle n’est pas
rassurante.